A propos de... La Vagabonde

Se choisir soi-même avec Colette


🪶 « Je t’aime, mais je m’aime davantage » 

Cette simple phrase pourrait être vue comme une des grandes leçons de La Vagabonde de Colette, roman publié en 1910. Déjà dans la série des Claudine, l'autrice revendiquait l'indépendance et le choix de soi, même lorsqu'il s'agit de la grande chose sacrificielle qu'est l'amour.

Portrait de Colette autrice de La Vagabonde - Arco Editions
Portrait de Colette, auteure de La Vagabonde publié en 1910

Souvent, on interprète le rejet de l’autre comme un non-amour pour nous ou alors une appréciation qui ne serait pas suffisante. Parce qu'on juge que si l'on était aimé, on aurait été choisi.

Il y a une citation que l’on aime beaucoup et qui dit « Vive qui m’abandonne et me redonne à moi-même », mais on pense que cette intention est encore plus forte lorsque ce « re-don » à soi vient… de soi-même. 

Encore une fois, la lecture de romans vient nous éclairer et ouvrir nos perspectives sur « les choses de la vie » les plus complexes, et quoi de plus complexe que les choix du coeur

Lectrice de La Vagabonde de Colette publié chez Arco editions - scène de Sex and the City
A gauche : une lectrice avec La Vagabonde édité chez Arco Editions - à droite Kim Cattrall dans Sex and the City, la série culte produite par HBO

 

Renée, une femme qui réinvente sa vie 

Avec La Vagabonde, Colette écrit un roman extrêmement fort sur la dualité entre désir de liberté et celui de vivre une histoire d'amour qui nous agite

Dans le livre, Renée, double de l’auteur, est « une femme de lettres qui a mal tourné ». Elle était mariée, elle est désormais divorcée. Elle avait une situation stable — financièrement et socialement — et désormais, la voilà actrice de music-hall. Son ancien mariage lui permettait de côtoyer la haute société et on pourrait penser, à priori, que cette chute la pousserait à essayer de corriger sa situation. 

Mais pas du tout.

D’abord, le mariage n’a pas été une expérience des plus réjouissantes. Trompée et négligée par un ex-mari à qui elle a pourtant tout donné, elle sort de cette expérience dégoûtée de l’amour. Comme nous tous, quand nous sortons d’une histoire qui nous a brisés, elle dit : plus jamais.

La liberté retrouvée dans le monde du music-hall

Ce n’est pas tout. Ce nouveau monde, celui du music-hall, s’il est un monde très différent de son ancienne vie, finit par lui plaire. Elle évolue dans la nuit, s’enivre des spectacles, traverse les mêmes déboires que ceux qui deviennent ses compagnons de route et auxquels elle s’attache.

Elle vit pour elle-même et, même si c’est parfois difficile, elle ressent l’euphorie galvanisante qui vient avec le sentiment d’être libre. Ce dénuement nouveau aura été l’occasion pour elle d'apprendre ce que c'est que la liberté. Et Colette l’écrit : c’est dans la douleur qu’on dépasse la médiocrité. 

Alors évidemment, au moment où elle ne s’y attend plus, l’amour fait signe. Elle rencontre Maxime, un jeune homme qui s’éprend d’elle et dont elle tombe peu à peu amoureuse. C’est un homme établi, qui, de par ses moyens, peut lui offrir une vie loin des planches du music-hall, qu’il approuve peu. 

Colette en actrice de music-hall, inspiration pour La Vagabonde - Arco Editions
Colette a été elle-même actrice de music-hall et s'est nourrie de cette expérience pour écrire La Vagabonde

 

L'amour contre la liberté : un dilemme

Maxime lui offre la perspective d’une nouvelle vie, une vie à deux, plus confortable, avec l’amour comme promesse. Mais cela suffit-il ? 

Conquérir sa liberté a été difficile et Renée aime sa nouvelle vie. Elle aime la femme qu’elle est devenue.

Pour elle, il n’est pas question de choisir une autre personne qu’elle-même.

On vous partage cette citation qui montre bien l'arbitrage à faire entre un amour qui peut faire souffrir et une liberté, dénuée de sentiments passionnels  : 

"Combien de femmes ont connu cette retraite en soi, ce repliement patient qui succède aux larmes révoltées ? Je leur rends cette justice en me flattant moi-même : il n'y a guère que dans la douleur qu'une femme soit capable de dépasser la médiocrité. Sa résistance y est infinie ; on peut en user et abuser sans craindre qu'elle ne meure, moyennant que quelque puérile lâcheté physique ou quelque religieux espoir la détournent du suicide simplificateur."

 

Acheter La Vagabonde publié par Arco Editions

 

(Re)découvrez le roman classique La Vagabonde de Colette dans notre collection “FEMME FATALE” avec Les Liaisons dangereuses de Laclos et Nana de Zola.

Bonne lecture et longue vie aux classiques ! 

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