Le Désert de l'amour - François Mauriac — Résumé et avis
Le Désert de l’amour — c’est quoi ? Réponse avec celui qui a obtenu le prix Nobel de littérature en 1952, François Mauriac.
📖 Le livre : Entretenue par un homme, Maria Cross traîne une réputation sulfureuse. Paul Courrèges, la cinquantaine, est médecin. Lorsque la tragédie frappe Maria, il est là. C’est à ce moment que, en silence, il se mettra à l’aimer. Son fils, Raymond, a alors dix-sept ans. Tous les jours, en prenant le tramway, il la croise, assise à la même place. Il tombera amoureux d’elle, lui aussi.

François Mauriac, auteur de Le Désert de l'amour paru en 1925
⭐ Notre avis : À travers le personnage de Paul, médecin respecté, à la vie rangée, cadrée, Mauriac dessine le portrait bouleversant d’un homme souffrant de la domesticité et de l’éloignement des siens. Son domicile familial est un véritable “désert de l’amour”. Et ce n’est pas l’envie d’une aventure qui le lie à Maria mais un réel désir d’aimer à nouveau dans une vie aride.
C’est aussi avec plaisir et anticipation que l’on lit la croissance des sentiments de son fils, pour Maria, au fil de leurs rencontres dans le tramway. Lui parlera-t-il ? La reverra-t-il ? Sait-il seulement les sentiments qui animent son père à son égard ? De cette première expérience universelle de l’amour, il deviendra un homme. Et de cette expérience particulière, il deviendra véritablement le fils de son père.

Image du tramway de Bordeaux au début du XXe siècle : Raymond tombera amoureux de Marie lors de ses trajets quotidiens
🥀 Enfin, on a beaucoup apprécié la complexité du personnage féminin. Sa vie a été traversée par des tragédies et le roman démontre que souvent les femmes fatales ne sont “fatales” que parce que les autres ont voulu projeter ce fantasme sur elle. Car autour de Maria Cross, c’est le désert aussi et elle ne peut qu'en souffrir à son tour.
On vous partage quelques citations qui nous ont marqués :
"Dès que nous sommes seuls, nous sommes des fous. Oui, le contrôle de nous-mêmes par nous-mêmes ne joue que soutenu par le contrôle que les autres nous imposent."
"Le tramway, feu de bengale mouvant, éclairait une seconde les ifs et les charmilles nues d'une propriété, puis l'enfant écoutait décroître le vacarme des roues du trolley, sur la route pleine de flaques, qui sentait le bois pourri, les feuilles."
"Ah ! l'importunité de ces êtres à qui notre cœur ne s'intéresse pas, et qui nous ont choisis, et que nous n'avons pas choisis ! - si extérieurs à nous, dont nous ne désirons rien savoir, dont la mort nous serait aussi indifférente que la vie... et pourtant ce sont ceux-là qui remplissent notre existence."
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