Bonjour Tristesse — Françoise Sagan — Résumé et avis
Vivre éternellement dans l’insouciance est-il possible ?
👑 À 18 ans, Françoise Sagan publiait Bonjour Tristesse, son premier roman qui fera d’elle l’une des auteures les plus lues dans le monde.
Un roman par lequel on est saisi dès l’incipit, un des plus beaux de la littérature :
“Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de la tristesse. C’est un sentiment si complet, si égoïste que j’en ai presque honte alors que la tristesse m’a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l’ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd’hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres.”
Et vous, à 18 ans, vous faisiez quoi ?

Photographie de Françoise Sagan, autrice de Bonjour Tristesse - Couverture du livre, édition Pocket
📖 Le livre : Cécile, 17 ans, passe l’été avec son père, Raymond, sur la Côte d’Azur. Il est un homme mondain, elle est une jeune fille oisive, ils vivent une existence hédoniste, sans jamais s’embarrasser de questions de morale.
Les choses changent lorsque Raymond invite Anne à passer du temps avec eux. Anne est une femme différente : élégante, sophistiquée et surtout soucieuse d’ordre. C’est cet ordre qu’elle veut amener dans la vie de Cécile et de Raymond, qui souhaite l’épouser. Elle représente une menace pour le mode de vie que Cécile mène avec son père. Celle-ci mettra alors tout en oeuvre pour écarter cette femme de leur foyer d'insouciance.

Image tirée de l'adaptation en film Bonjour Tristesse par Durga Chew-Bose
⭐ Notre avis : On peut lire le livre avec légèreté : il s’agirait d’une tragique mais simple histoire autour d’une fille qui aime trop son père et qui serait menacée par l’arrivée d’une belle-mère.
Mais Bonjour Tristesse, c’est plus que ça. Il y a en effet quelque chose de très troublant à lire l’histoire de cette fille et de ce père qui ne veulent pas grandir, qui n’ont aucun autre objectif que l’assouvissement de leurs plaisirs et qui ne se posent jamais la question du bien et du mal. La volonté d’Anne, la future belle mère, de prendre les choses en main, soulève alors une vraie question : peut-on réformer des gens pour qui la morale est absente voir même indésirable ?

Portrait de Françoise Sagan
On vous partage quelques citations :
“Il n’y a pas d’âge pour réapprendre à vivre. On dirait même qu’on ne fait que ça toute sa vie : repartir, recommencer, respirer à nouveau. Comme si on n’apprenait jamais rien sur l’existence, sauf parfois une caractéristique de soi-même.”
“La liberté de penser, et de mal penser et de penser peu, la liberté de choisir moi-même ma vie, de me choisir moi-même. Je ne peux pas dire « d’être moi-même » puisque je n’étais rien qu’une pâte modelable, mais celle de refuser les moules.”
On recommande.